Reflexion

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DSK, le temps de l’oubli ?

Classé dans : politique — 10 juillet, 2011 @ 11:02

Ce matin, dimanche, pas d’information sur DSK.

Ouf!!! Dis-je….. un peu vite.

Apparement notre presse suit tout benoitement la presse américaine, qui se désintéresse petit à petit de cette affaire. Et pourtant.

Elle est bien intéressante cette affaire. Pas par le fait même, sordide, mais par l’oubli dont on semble vouloir la couvrir. Le temps sur toute chose etend son ombre. DSK ne sera peut être pas jugé. Ni donc innocenté. Et on jouera  sur les mots pour nous expliquer qu’il est innocent, puisque non reconnu coupable…. Dans l’esprit de ceux qui soutiendront cela, est ce que cela signifie que le voleur qui échappe à la justice n’est pas un voleur ? Probablement hélas. C’est comme cela que commencent les décadences.

Sera-t-il jugé ? Bien sur l’avenir n’est pas certain. En fait DSK a tout à gagner à être jugé si il est se sait innocent, et il pourra donc facilement le prouver, comme l’affirment ces lawyers, pour impressionner l’ attorney . Et tout à perdre s’il est coupable. Qui veut parier avec moi qu’il souhaite bien ne pas être jugé ?

Enfin, innocent est un peu inexact. Il faut bien être » innocent » pour avoir un rapport consenti avec une femme de ménage guinéenne inconnue, qui n’a pas été réglée financièrement (le sexe appeal de DSK est tout de même bien émoussé pour émouvoir d’emblée  une femme de 30 ans sa cadette, qui n’entend rien à un cours d’économie politique), et sans préservatif… Est -il fou, irresponsable, ou pour qui nous prend il ? Enfin, la réponse à ce dernier point n’a échappé à personne, et depuis longtemps !

Il paraît qu’il est connu pour ses virées de marins. Qu’il aille se renseigner chez les marins (dont je lui refuse d’ailleurs  en tant qu’ancien, l’étiquette) sur les précautions élémentaires dans les cas de disette sexuelle légitime (ce qui n’est pas non plus son cas, semble-t-il).

Allons, oublions le. Mais n’oublions pas qu’entre la prostituée (si c’était le cas) et le client, c’est TOUJOURS la prostituée qui est la victime.

Non, la présence européenne au Magreb n’a pas duré « des siècles ». En conséquence de quoi …

Classé dans : politique — 22 mars, 2011 @ 12:18

J’ai écouté hier « du grain à moudre » (recommandé) sur France Culture un débat entre BHL et M Marzouki au sujet de l’intervention en Lybie. Ce dernier était fort dubitatif  sur celle ci et ses motifs, tout comme moi d’ailleurs (cf mon dernier envoi). Et les lecteurs peuvent imaginer ce que je peux penser de notre » penseur » léger et BCBG. Cependant, M Marzouki, intellectuel et opposant tunsien historique du temps des dictateurs (Bourghiba et Ben Ali), en ai venu à évoquer les traumatismes subis (indiscutables) par les peuples musulmans du fait de la présence européenne au Magreb durant « des siècles ». En précisant bien qu’il s’agissait d’un problème d’islam (aspect religieux) et pas uniquement d’occupation étrangère. Cela à son sens explique la suspicion générale sur l’interventionisme occidental, que je partage. Je pense qu’il s’est un peu laissé aller à un effet de manche malencontreux.

La présence européenne, au moins française, n’ a pas duré des siècles. En  Tunisie en particulier c’est de 1881 à 1956 , soit 75 ans. En Algérie c’est 132 ans. D’accord, tout siècle commencé est dû mais enfin !!  A t on le droit de dire que l’hégémonie musulmane en terre chrétienne (puisqu’on parle de religieux) a historiquement et sur le long terme  effectivement duré des siècles (depuis 672 à 1492 en espagne, de 1452 à 1830 dans les Balkans) et ce par invasion à motif religieux (ce qu’un peu vite on appelle une croisade, on devrait peut être dire une croissade) et bien entendu à sous entendu politique. Et que cette occupation n’a pas été toujours tolérante et miséricordieuse, ni exempte de mépris.

Si on doit comparer les  « a priori » de rejet réciproque des cultures musulmanes et européennes sur ce critère, je crains qu’il n’y ait pas « photo ». Il serait bon peut être que les intellectuels musulmans l’expliquent à leurs auditoires. La repentance « at via aeternam » n’a pas à être à sens unique, si encore elle a quelque intérêt réel. Ce dont je fai »t plus que douter.Il vaudrait mieux sortir de ce discours qui ne mene en effet qu à l’opposition stérile et aux conflits.

Msieur Obama a-t-il promis de faire filer le Khadafi ??

Classé dans : politique — 9 mars, 2011 @ 3:26

 Le coup va-t-il manqué ?

Un phénomène étonnant.

La cote nord de la méditerranée est devenue en 2010 un must pour les fêtes de Noêl. Dépassant et de loin Rio pour la mi Carême. Tout le gratin gouvernemental français n’a pu résister à l’attrait bien connu de ces festivités particulièrement brillantes en terre d’Islam. Vous ne la saviez pas ? moi non plus.

Mais il est certain que seul l’attrait du soleil et de la ferveur religieuse peuvent expliquer la présence :

du président à Rabat, de MAM à Tunis, de Guaino à Tripoli et de Fillon au Caire. Sans oublier l’inénarrable M Raffarin qui passait fin novembre en Algérie pour d’importants et vitaux contrats financiers .

Quelqu’un veut-il vérifier, mais il y a fort à parier que devaient aussi trainer par là quelques négociateurs anglosaxons de quelque rang.

Et tout cela fini chez Khadafi. Un affreux, fou et méchant. C’est du moins ce qu’on en dit aujourd’hui, après que Cameron ait cherché à luivendre des armes, et notre Président des Rafales… Ils auraient bonne mine, ces deux là, si les dits engins  servaient en ce moment.

Croyez vous bien vraiment que si Ben Ali et Moubarak étaient encore en place, on pourrait si facilement se heurter au Colonel, Ils avaient tout les deux des milliers de citoyens, qui seraient devenus autant d’otages pour le colonel. Croyez vous qu’on aurait pu faire des ponts aériens depuis la Tunisie deBen Ali  vers l’Egypte de Moubarak aussi facilement??

Et que veut dire la présence de forces hollandaises dans le coin? Pour évacuer trois (seulement trois personnes). En général, quand c’est si peu c’est une exfiltration d’agents…

Et que font les sapeurs pompiers français à l’hôpitalde Benghazi (interview, comme toujours unique sur France Info ,). Ils ne sont su^rement pas seuls la bas. Ou alors nos dirigeants sont eux , vraiment, des fous dangereux.

 

 

Bien sur , aurait sussurer le dernier véritable Président (FM), après cela , c’est  évidemment un vaste courant democratique « spontané » qui a enflammé subitement trois de ces pays. Vous n’allez pas croire que je vous fait le coup du complot, quand même….. Et puis ,

Je dis trois, parce que dans les autres le mouvement  a été rapidement réglé, sans qu’on n’entende beaucoup de protestations horrifiées. Restent Bahrein et le Yemen, mais c’est una autre histoire. Une histoire chiito-Saoudienne pour tout dire. Et puis un peu de désordre c’est bon pour le commerce du pétrole. Enfin, pour son industrie et les pays producteurs. Ca monte alors qu’officiellement il n’ya aucun risque sur le marché; Chercher l’erreur.

 Aurait on viré deux dictateurs pour faire sauter celui qu’on visait réellement ? Y a t il encore une arnaque là dessous , et tendue par qui et avec l’aide de qui ? Est ce vraiment une révolution démocratique ? Il y a des femmes, il y en avait aussi en Afghanistan et en Iran.. Où sont elles et où sont nos belles promesses de l’époque.

Et Obie One Barak dans tout ça. Il n’est pas pas Bush, donc on va donc voir un coup tordu. Le problème c’est que Khafdafi, on ne le vire pas avec des vieux fusils et des Oerlikon de la guerre de 40 . et pas avec des manifestations. Tout cela c’est pour des gentils. Ce n’est pas un gentil. Ce qui d’ailleurs n’est pas un défaut pour un chef d’Etat, même dictateur.

Et le problème des coups tordus, c’est qu’un boomerang aussi c’est tordu, et donc ça revient.

On se demandait pourquoi l’avènement de la démocratie en Lybie devait obligatoirement entraîner une migration massive vers l’Europe. C’était il ya trois semaines. Maintenant on sait qu’il y avait en Lybie des milliers sinon des millions d’Egyptiens et deTunisiens, sans oublier des gens du Bengladesh et des gens « d’afrique sub saharienne ». Que l’activité du pays attirait probablement. Les lybiens avaient leurs immigrés, qui apparemment n’ont pas vraiment confiance dans les les « libérateurs » (à la radio on commence à dire rebelles, ce qui n’est pas bon pour leur avenir). Et puis il ya aura les lybiens du bord qui perdra l’affrontement, Khadafistes ou antikhadafistes. Comme on soutenait les premiers , avant, et que maintenant on reçoit les seconds en grande pompe, on est sûr d’avoir tout le monde un jour ou l’autre.

 Délire que tout cela? Peut-être, l’avenir dira.

 

 

Des retraites

Classé dans : Non classé,politique — 4 octobre, 2010 @ 1:11

Je ne sais si j’ai d’auditifs délires. J’entends d’incroyables choses sur le financement des retraites à venir.

Un gouvernement nous concocte un petit arrangement provisoire.  Allongeons la période de cotisation (retardons l’âge de départ), et supprimons à terme les régimes spéciaux, ou du moins de n’en créons point d’autres. Pour ceci  la « pénibilité » n’est reconnue que si elle crée un dommage.

Bien, il paraît aux augures que cela ne ferait que retarder le problème. Comme les augures sont des augures et qu’en économie ils errent une fois sur deux, cela reste à voir.

Le délire de l’affaire est dans  l’opposition sociale organisée, généralement qualifiée de syndicats.

Cette réforme en l’état ne porte pas atteinte à la retraite par répartition. La dite opposition sociale organisée s’y oppose, c’est dans sa fiche de poste. Rien d’étonnant.

Rien d’étonnant ? Cette retraite par répartition, est, nous dit on une conquête sociale inaliénable. On peut donc s’étonner d’un tel rejet.

On la rejette car « elle fait tout reposer » sur le travailleur cotisant.

C’est la définition de la retraite par répartition ….

On la rejette car il faut financer la retraite avec les revenus du « grand capital ». Finalement heureusement qu’existe (dans les rêves syndicaux, mais l’existence rêveuse est une existence « essentielle ») « un grand capital ». Il est bien normal de faire payer « les riches », c’est sûr..

Malheureusement, faire payer « les riches » n’apportera jamais les sommes nécessaires à ce financement colossal.  Même en leur prenant « tout ». Dans l’absolu un petit effort serait sympathique. De toute façon, il n’y a rien à attendre des « riches », cf la mère Betttencourt (Loréal , c’est vrai que ça ne sent pas la rose)

Donc il faut la financer avec les revenus du capital. Il semble qu’il y ait deux possibilités en ce cas.
La première est d’augmenter les prélèvements sur la part productive de biens du capital. C’est à dire d’obérer la production des biens et services. Cela paraît étrange, puisqu’au mieux cela augmenterait le prix de production. Sans augmentation des retraites et des salaires, le pouvoir d’achat baisserait.

Qui vote pour ?

Au pire, la production des biens et services finirait d’être délocalisée, et bientôt nous auront des charters de plombiers Indiens (même plus Polonais) pour venir réparer le lavabo des retraités. Pas des salariés, il n’y en aurait plus. Tous au chomdu.

Qui vote pour ?

La deuxième est de prélever les revenus financiers qui aujourd’hui constituent l’essentiel de la trésorerie de biens des grandes entreprises. Il est déjà curieux pour des syndicalistes ou des hommes de gauche de confier les retraites à un système financier qu’on vilipende depuis des années. Le plus drôle c’est de voir les retraites entrer sur le marché financier. C’est déjà le cas ailleurs. Est ce vraiment là  l’idéal que des socialistes affirmés nous proposent ? La retraite à géométrie variable en fonction du CAC 40 et autres indices ? Fort bien quand tout va bien, il paraît aujourd’hui que tout va mal …

Non certainement. Que proposent-ils donc ?

Peut être n’ai je rien compris. Si oui, réagissez !!! Ne me laissez pas dans l’erreur !!!!

Athéisme et martyr

Classé dans : atheisme — 29 mai, 2010 @ 10:44

 A y bien regarder les athées n’ont pas de martyrs. Au sens où ceux qui furent condamnés (à mort) pour athéisme n’étaient pas athées. A lire M Onfray, le « premier » martyr serait l’Abbé Meslier. Outre que ,quoi qu’on en dise, les idées du brave abbé (paix à ces cendres) , qui préférait tout de même faire curé que paysan,  sont bien peu claires, il n’en  fut ni tué ni persécuté.

En cherchant un peu , on trouve Herman de Rijswick ( prêtre catholique qui remettait en cause les fondements du christianisme et qui semble avoir été plutôt panthésiste ou naturaliste) , Gruet qui était surtout un opposant féroce de Calvin, et qui s’il ne croyait pas à dieu (peut-être) croyait au Diable-Ce qui à l’époque n’était pas une vue de l’esprit humain).-, l’abbé Vanini, panthéiste mais effectivement condamné pour athéisme (entre autres), et le Chevalier de Labarre, libertin et libre penseur certes, mais probablement déiste. Et condamné pour des faits qu’il n’avait pas commis (sauf de lire le Dictionnaire philosophique) et parce qu’il avait des ennemis plus influents que ses amis.

Dans l’antiquité romaine, les « athées » condamnés étaient des chrétiens qui refusaient de rendre un culte aux dieux de Rome, et tout particulièrement à l’Empereur.

Pourquoi si peu ?

Sûrement par prudence. Autant on peut comprendre qu’on défende jusqu’à la mort une conviction en l’ erreur des autres si elle met en jeu une croyance, autant c’est plus difficile pour une incroyance. Mourir pour un une non existence, c’est beaucoup demander. Donc , on fait semblant et on garde « ses idées » pour soi.

Aussi parce que pour les églises et croyances il est beaucoup plus dangereux d’avoir une contestation de type religieuse que de type athée. Le cerveau humain étant fait pour croire, comme l’ont montré les neurosciences, une croyance concurrente sera beaucoup plus entendue qu’une non-croyance.

On peut donc tolérer les athées, ils ne feront jamais d’églises…
 

 

 

Saint Pierre n’est pas à Rome ?

Classé dans : histoire de croyances — 7 mars, 2010 @ 11:02

La succession de Pierre comme evêque de Rome fonde l’autorité papale. Pourquoi ?

Pierre (Simon, Képhas en syriaque « le Roc ») est désigné comme la  pierre sur laquelle Jésus batira son église.

matthieu

16.18
Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle.
16.19
Je te donnerai les clefs du royaume des cieux: ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux.

Cependant, il est assez remarquable que Matthieu soit le seul à rapporter cette parole. Si les deux autres synoptiques affirment bien que Pierre est le premier qui reconnaît Jésus comme le  Christ ,l »oint du Seigneur », la célèbre sentence n’y est pas relevée, y compris chez Marc, que la tradition dit pourtant proche de Pierre.

Dans le reste des textes du Nouveau Testament, la pierre n’est pas Pierre mais Jésus lui même, pierre angulaire sur laquelle se construit la foi.

Pierre est un roc, par sa Foi en ce que Jésus est l’oint du seigneur,  et moi Jésus j’utiliserai ce roc , cette Foi pour batir mon église. Cela ne signifie pas que la Foi construit en elle même l’église. C’est un matériau , pas un agent. L’église ne peut se construire sans la Foi en le Christ, quelque soit le statut qu’on lui donne. Mais c’est le Christ qui la construit, en utilisant la Foi de Pierre.

Quant aux pouvoirs donnés à Pierre, ils le seront aussi donnés aussi aux autres apôtres et probablement même aux simples disciples. Pierre  n’a en ce sens qu’une primauté temporelle.

Jean (20,22): « Jésus souffla sur ses disciples et leur dit: Recevez le Saint-Esprit. A quiconque vous pardonnerez les péchés ils seront pardonnés. A quiconque vous les retiendrez, ils seront retenus »

 Ceux ci sont les rocs dont Jésus construira son église, dont lui même sera la pierre angulaire.

L’interprétation « romaine » repose sur un jeu de mot qu’on ne voit pas bien dans la bouche de Jésus, et dont il ne donne aucun autre exemple. Par contre que la Foi telle que celle de Pierre soit nécessaire à son Eglise paraît plus plausible, et reste dans le cadre Evangélique où la Foi sauve par elle même.

Admettons donc que la Foi de Pierre soit le fondement de l’Eglise. Est ce que cela en fait le premier evêque de Rome ou plutôt le chef de l’église de Rome ?

Les actes des apôtres rapportent , en leur début le ministère de Pierre. Celui ci effectivement semble être celui qui organise les premiers fidèles. Il disparaît finalement rapidement de cette histoire et c’est Jacques qui paraît ensuite comme  »la » référence, en conflit avec Paul. Ce qui paraît clair, c’est le rôle essentiel  de Pierre dans le développement de l’ église d’Antioche, bien avant Rome , en tout état de cause.

Jacques, opportunément pour Rome, disparaît de l’histoire après son martyre puis l’effacement des judéo chrétiens, probablement vers la destruction du Temple en 70.

Aucun texte précoce ne justifie le rôle de Pierre à Rome. Il semble y être allé, les « actes de Pierre » , apocryphes parlent de ses démélés avec Simon le Magicien (déjà rencontré dans les actes de sapôtres) mais pas d’un ministère particulier. La tradition, et c’est raisonnable, situe son martyre à Rome. C’est plausible, s’il y était lors des premières persécutions. Mais Paul y était tout aussi sûrement et écrivait. Cela n’en fait pas le premier des papes.

Dernier argument, la première épitre de Pierre est signée lorsqu’il était « en l’église de Babylone ».  Dans tout ouvrage catholique, on indique bien « c’est à dire Rome », et parfois explique que Rome était assimilée à la nouvelle Babylone de l’Apocalypse. Outre le fait que dans l’Apocalypse, quand l’auteur parle de Rome il écrit bien « Rome » et qu’il paraît évident en lisant l’Apocalypse que la nouvelle Babylone n’est pas plus un lieu déterminé que la Jérusalem céleste n’est la Jérusalem réelle, on ne retrouve pas cette désignation de Rome ailleurs dans le Nouveau Testament. Admettons qu’il y a plus que doute…

Par ailleurs, s’il avait désigné Rome par Babylone en tant que ville chargée de tous les péchés, l’écrivain aurait-il écrit « eglise de babylone » ? Je vous écris depuis l’église de l’Enfer …. ? Peut- être de Babylone, mais l’antynomie des termes Eglise/Babylone  paraît quasi impossible à soutenir, dans un discours par ailleurs assez convenu ( du moins  aux yeux d’aujourd’hui).

Enfin, il y avait bien à l’époque une Eglise en babylonie. Contrairement à un avis répandu, si Babylone n’était plus alors  la capitale qu’elle fut des siècles auparavant,  le temple astrologique qui y était était encore en fonction à l’ère chrétienne, comme Pline l’Ancien le rappelle, et il existe des tabelettes cunéiformes précisément datées de 67 ap JC trouvées sur le site.

L’Eglise de Babylone, selon le site du Diocèse de Paris, fut fondée par Thomas , probablement sur la route des Indes et est à l’origine de l’eglise chaldéenne acruelle. Pierre peut parfaitement s’y être déplacé et  y avoir dicté son épitre, sans chercher à faire dire aux mots ce qu’on veut qu’ils disent.

 A ce stade, le doute est pour le moins permis.

Les cochons et la Bible

Classé dans : histoire de croyances — 26 février, 2010 @ 5:47

    Jésus ne devait guère apprécier les porcs. C’était un Juif, dont on peut discuter les tendances pharisiennes ou hassidéennes, mais le cochon était sûrement impur pour lui …

    Après avoir quitté Capharnaüm, il prêcha au sud est du lac de Tibériade, dans les villes de la Décapole. Il y délivra un possédé du démon Légion. Et ce démon, qui était multiple, quitta celui-ci pour un troupeau de cochon domestique (puisque gardé), lesquels se jetèrent du haut d’une falaise dans le lac…Marc 5 2-13

   Fin des  petits cochons. Que pouvaient ils bien faire là, dans une contrée où leur réputation n’était plus à défaire ? La région était fortement hellénisée et occupée par les romains , ceci expliquant probablement cela.  Sans oublier que la religion juive coexistait , même à l’époque du Christ, avec des cultes païens locaux.

  Mais qu’ont donc faits les cochons aux juifs ? On trouve beaucoup d’explication plus ou moins argumentées.

           Le cochon est sale : il se roule dans la fange. En fait il ne se roule dans la fange que lorsqu’il n’a      rien d’autre. Et uniquement pour survivre à un coup de chaleur qui s’installerait inéluctablement s’il ne le faisait pas. Pas bien solide donc.

           Le cochon transmet des maladies et en particulier la trichinose. Ce qui par parenthèse n’empêchait pas les dits romains et autres hellènes locaux d’en manger sans problème. La chèvre transmet la brucellose, le mouton l’hydatidose  (par ses larves dans les crottes de canidés) , et la viande de bœuf peut entraîner des toxi-infections alimentaires et des parasitoses digestives. Pas bien plus fort.

           Parce que leurs ancêtres auraient eu pour totem le sanglier. Manque de chance, l’élevage et la consommation du porc dans le Proche Orient correspondant à la Palestine de l’âge du Bronze et du fer est avérée.

       Les Juifs comme les chrétiens sont attachés à leurs textes fondateurs, mais ont le droit et le devoir de les interpréter. Les textes fondateurs sur l’abstention du porc sont le Lévitique et le Deutéronome. Que disent-ils au sujet des animaux terrestres ?

  Lévitique

11.3   Vous mangerez de tout animal qui a la corne fendue, le pied fourchu, et qui rumine. 11.7  Vous ne mangerez pas le porc, qui a la corne fendue et le pied fourchu, mais qui ne rumine pas: vous le regarderez comme impur. 11.8 Vous ne mangerez pas de leur chair, et vous ne toucherez pas leurs corps morts: vous les regarderez comme impurs.

Deutéronome 

14.4   Voici les animaux que vous mangerez: le boeuf, la brebis et la chèvre; 14.5   le cerf, la gazelle et le daim; le bouquetin, le chevreuil, la chèvre sauvage et la girafe. 14.6  Vous mangerez de tout animal qui a la corne fendue, le pied fourchu, et qui rumine. 14.7  Mais vous ne mangerez pas de ceux qui ruminent seulement, ou qui ont la corne fendue et le pied fourchu seulement. Ainsi, vous ne mangerez pas le chameau, le lièvre et le daman, qui ruminent, mais qui n’ont pas la corne fendue: vous les regarderez comme impurs. 14.8  Vous ne mangerez pas le porc, qui a la corne fendue, mais qui ne rumine pas: vous le regarderez comme impur. Vous ne mangerez pas de leur chair, et vous ne toucherez pas leurs corps morts.     En regardant cette liste d’animaux terrestres, on remarque que seuls sont autorisés des animaux herbivores stricts. Le lièvre et le daman (sorte de rongeurs proche du lapin ) sont interdits cependant, probablement du fait de l’habitude de ces animaux de manger leur crottes (animaux caecotrophes). Le chameau quant à lui sert à d’autres usages que l’alimentation dans ces contrées.

   Les autres animaux  interdits (oiseaux et poissons ) répondent à la même obligation, les oiseaux carnassiers et ceux de régime varié sont interdits. Les poissons sans écailles en Méditerranée sont les requins et les raies, les poissons sans nageoires sont les murènes …

   On ne peut l’affirmer, mais ce classement en fonction du régime alimentaire est troublant.

   La raison est peut-être à chercher dans la Genèse, où le régime d’Adam et eve et de leurs enfants est précisé :                                      strictement végétarien.

« 1.29  Et Dieu dit: Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d’arbre et portant de la semence: ce sera votre nourriture. « 

   Ce n’est qu’après le Déluge que Noé et ses enfants sont autorisés à manger de la chair d’animaux saignés.  

« 9.3Tout ce qui se meut et qui a vie vous servira de nourriture: je vous donne tout cela comme l’herbe verte. 9.4 Seulement, vous ne mangerez point de chair avec son âme, avec son sang. «     L’explication serait alors :   les hommes sont autorisés à ne manger que des herbivores, parce qu’eux mêmes étaient primitivement des phytophages. Le cochon, omnivore ne peut donc être consommé, de même que les autres animaux de régime carné, total ou partiel.

    Il n’ y a pas semble-t-il d’explication de cela dans la Bible sinon qu’elle fut élaborée en son temps.  C’est à dire un temps où polythéisme et animisme existaient et qu’ils peuvent y avoir laissé une influence. Plutarque, au Ier siècle de notre ère ne disait-il pas, pour inciter à ne pas consommer  de viande : « Quoique la doctrine sur le passage des âmes en divers corps ne soit pas démontrée, le doute seul ne doit-il pas nous imposer la plus grande réserve et la plus grande crainte « - De l‘usage des viandes, cité par Waegman Anthropozoologica 1988.

     Consulter les sites consacrés au végétarisme est éclairant sur la persistance de  ces convictions dans notre monde actuel. 

     La croyance était-elle alors que l’homme devait être végétarien, selon la volonté Divine  (Darwin le pensait aussi) ?  Son  régime dut se diversifier (pour des raisons non explicitées) ,  et il se mit à manger de la viande. Pour éviter cependant d’ingurgiter l’âme d’un animal, carnassier, féroce, il lui fallut choisir des animaux paisibles donc des herbivores. De façon à ne pas hériter lui-même d’une âme cruelle et sanguinaire.

       

  Références  

 Bruno FISZON Les lois alimentaires juives,Bull Acad Vet France 2008 :161 :331-339

Dor , . Explication zoologique des prescriptions alimentaires de la Bible et du Talmud. In: Bulletins et Mémoires de laSociété d’anthropologie de Paris, VIII° Série. Tome 8, 1937. pp. 63-70, Persée.fr

Vila E. & Dalix A.-S. 2004. – Alimentation et idéologie : la place du sanglier et du porc àl’Âge du Bronze sur la côte levantine. Anthropozoologica 39 (1) : 219-236.

Bible Segond   

Du « Traité d’athéologie », de Onfray 2- de la dédicace à Raoul Vaneigem

Classé dans : atheisme — 23 février, 2010 @ 3:10

Continuons la lecture, la plume à la main, du traité.

Le livre est dédicacé à Raoul Vaneigem.

Raoul Vaneigem est un  ancien enseignant belge de philosophie, par ailleurs ancien de l’Internationale situationniste et médiéviste reconnu. Actuellement retiré en belgique où il vit de ses publications, connu comme hédoniste et antireligieux.

Comme beaucoup d’enseignants, belge et d’ailleurs , il semblait en 1968 ne connaître le monde du travail que de loin, ce qui lui a permis d’asséner dans son jeune temps des réflexions dont la naïeveté suffisante laisse aujourd’hui pantois. Chacun trouvera dans toute bonne bibliothèque de quoi se réjouir, sinon de jouir.

Autre aspect de cet auteur, l’appel à la jouissance, ce qui justifie probalement son choix comme référence par un auteur qu’on dit « hédoniste ». Comme souvent dans ce cas il  peut être trouvé facile d’être hédoniste en vivant dans un monde où les autres vous fournissent de quoi « jouir sans entrave » et en paix. Bien sur, il faut écrire, et vendre (dans un bon système capitaliste décrié à tout va, bien sur), mais afin l’absolu n’existant pas, il  faut bien  des accommodements avec la vie. Déjà Epicure, qui n’était pas hédoniste, se réfugiait en son jardin. C’était plus simple pour ne pas voir les autres, ni d’ailleurs les comprendre. 

Actuellement, il semble que Raoul Vaneigem soit plus connu dans le milieu athée par sa contemption des religions. Il semblerait que l’idée générale soit que les religions depuis qu’elles existent en tant qu’institutions sont liées aux systèmes de productions économiques. Ce qui en soi est un truisme, puisque depuis Marx au moins on croyait savoir que tout est économie et pouvoir, dans la relation interhumaine. Cela n’est pas un argument de condamnation, sinon de l’humanité en général. On nous a démontré par ailleurs que  le cerveau humain avait évolué de sorte que  pour maintenir la cohésion du groupe, celui ci avait acquis le sens religieux. On pourrait dire que l’évolution a créé le sens religieux. Celui ci est donc dans l’homme, et le nier ne serait-il pas alors nier l’humanité ? Y a t il eu une humanité sans interrogation existencielle ?

Dans les morceaux choisis (par les athées, cf athéisme.fre) , on trouve des perles, « les religions « donnent du prix à la mort et à la douleur ». J’en connaît au moins une dont le fondement est d’affirmer la victoire de l’esprit sur la mort et de guérir les malades , il y a  quatre évangiles pour le dire, même si d’autres délires postérieurs l’ont masqué.

« La religion est la forme la plus achevée du mépris », du mépris de quoi ?? Mépris de l’homme ? elles sont un signe d’humanité. Mépris des autres ? Certaines affirment l’absence de hierarchie. Mépris de la vie et de la jouissance ? C’est écrit où?  Mépris de la femme exploitée par le mâle ? Ce n’est pas la religion qui l’a inventé, c’était l’époque où elles furent codifiées qui l’a imposé. Et les « philosophies » grecques, si bien aimées aujourd’hui ne sont guère plus faites pour les femmes. Certaines religions  ont évolué, trop lentement peut-être mais un hédoniste ne peut pas reprocher aux autres de se réfugier derrière l’imperfection des hommes.

Encore une perle, la religion préférerait la procréation (je pense donc que ces attaques portent sur la religion chrétienne) à « la jouissance amoreuse où les amants se prennent au désir de créer la vie ». C’est beau, mais à pleurer, de rire. Quel est l’humain où l’humaine qui se dit s’être laissé prendre au plaisir de donner la vie ???? Aujourd’hui il s’agit plus souvent de céder au désir de faire semblant de donner la vie, qu’on soit religieux ou pas. Ne pas confondre le discours des « hiérachies »et la réalité des croyants.  Tout cela laisse l’impression que comme pour le travail, ces réflexions ne sont pas vécues ou alors ce sont  des dénis. Une impression d’intellectualité qui tourne seule. Qui croit que nos ancêtres ne se laissaient pas aller au plaisir de donner la vie, mais ne procréaient que pour faire plaisir à mr le curé, le rabbin, le mufti ? Qui  croit que le sort des femmes est liée à la religion en soi et non à l’asservissment par des êtres plus forts (physiquement )? Qui croit que les religions d’occident, y compris l’Islam  une époque ne les ont pas en fait protégées?

La seule citation que j’approuve sans réserve « toute religion est fondamentaliste dès l’instant qu’elle a le pouvoir ». C’est le point clé. Les religions ont elles pris le pouvoir ou le pouvoir les a-t-elles créées?  Est ce que cela implique l’inexistence d’un esprit, d’une entité supérieure ?? Les défauts des religions impliquent-ils en soi l’absence de spiritualité?

Probablement le verrons nous par la suite, Raoul Vaneigem nous y aidera-til ? A voir.

 

Du « Traité d’athéologie », de Onfray 1- de la couverture

Classé dans : atheisme — 19 février, 2010 @ 5:35

Faisant partie des sots et des ignorants, je ne connaissais pas Michel Onfray, ni ses émissions , ni ses Cd, ni ses livres, ni son UP de Caen, bref rien.

Jusqu’à ce qu’on me parle d’un traité, traitant de l’athéologie, et qui remet semble -til bien les pendules à l’heure , prouvant que « tout est faux ». C’est ce qui se dit. Bon, j’ai déjà lu le dictionnaire philosophique et je croyais avoir  été bien éclairé, mais enfin c’est vieux et une vision plus contemporaine est sûrement intéressante.

Athéologie me dis je, qu’est ce donc ? le logos des athées, de l’athéisme, probablement. L’auteur aurait indiqué qu’il faut l’entendre aussi comme a-théologie, c’est à dire absence de théologie. Traité sur l’absence de théologie, c’est un peu différent de traité sur l’absence de Dieu. D’autant qu’il existe beaucoup de théologie (naturelle, morale, physique, ou alors chrétienne catholique, musulmane, hébraïque, antique, animiste etc ..) Donc sûrement quelque chose de costaud, mais finalement peu d’indication dans le  titre lui même.

Un doute donc s’est installé, et je me suis dit que ma modeste contribution aux revenus de l’auteur valait peut-être la peine d’être dépensée.

Je n’ai pas été déçu, ayant passé de bons moments à cette lecture étonnante. Je me suis donc décidé à le relire, le crayon à la main, comme l’auteur nous y incite pour les ouvrages importants. Et à transcrire ici ce qui m’a interessé dans cet ouvrage, au gré de mes humeurs. Je n’ai pas tout compris, hélas, n’étant ni philosophe ni islamisant. De vagues lueurs cependant m’ont aidé dans ma quête. L’auteur s’est d’ailleurs efforcé d’écrire en français courant, sauf quelques termes indispensables tel peccamineux, probablement intraduisibles. Heureusement tout bon dictionnaire en donne un sens approché permettant aussi d’approcher la pensée de l’auteur.

Commençons donc.

Par la première de couverture.

Dans la modeste édition de poche dont je dispose il s’agit d’une reproduction du combat de Jacob avec l’ange. Pour un traité d’athéologie , dont l’auteur semble connu comme « athée de service », il y a sûremnt une signification. Ce combat, rapporté dans la Genèse oppose le fils d’Isaac (cad le petit fils d’Abraham) à une créature nocturne , peut-être spirituelle mais en tout cas bien physique, puisqu’il prit Jacob par l’entrejambe masculine et lui laissa des traces. Ce Jacob, lointain ancêtre de Jésus était par ailleurs un assez triste sire, voleur, faux jeton et tout ce qu’on veut. Mais il avait de la réussite et Dieu semble l’avoir choisi (d’après la Génèse). Quand on vous dit que ses desseins sont impénétrables.

Bon, revenons à ce combat, que les théologiens trouvent d’interprétation difficile (tiens, ils interprètent ?, nous y reviendrons). Jacob en tout cas est un homme, et la tradition dit que le combattant était un ange, ou bien Dieu lui même. D’où est venu le nom sous lequel Jacob est plus connu « Israël », celui qui a combattu Dieu. D’ailleurs le texte rapporte que Jacob en était persuadé.

 On pense assez naturellemnt que l’auteur du traité doit se considérer comme un homme, et qu’en tout cas la thèse qu’il défend (pour évoquer le combat) est humaine. Dans ce combat, donc, on doit reconnaître l’auteur ou sa thèse comme exprimé par Jacob. Encore qu’on voit mal un athée se battre contre Dieu, mais bien plutôt contre la thèse de son existence. Donc l’auteur est Jacob, et combat la thèse de l’existence de Dieu. Mais Jacob finit par reconnaître qu’il a réellement combattu Dieu lui même.

Donc l’athéisme ne peut être représenté par Jacob, en lisant la Genèse le crayon à la main. Si l’image choisie a une signification, elle est autre. L’auteur est donc l’ange, ou Dieu, c’est selon. Etrange pour un athée, moins si l’on considère son prénom bien sur, Michel « Qui est Dieu ? » Général en Chef des troupes angéliques.

Trève de plaisanterie, c’est donc forcèment la thèse de l’athéisme qui est représentée par l’ange. Un intéressant (je vous dis que ce livre est passionnant) retournement symbolique. L’athéisme est combattu par les hommes , qu’il prend par les parties les plus sensibles de l’organisme masculin pour qu’enfin l’homme reconnaisse sa suprématie sur les autres « explications » du monde, et acquérir ainsi un statut divin, sans concurrence, ce qui pour une idée  s’appelle une religion .

En effet, l’athéisme en tant qu’idée alors n’existe pas, puisqu’elle se définit alors comme la référence universelle et insurpassable.  Il est. Comme Dieu. Il a toujours existé et existera toujours, du moins dès qu’il y eut tant qu’il y aura des hommes, ce qui est  notre double horizon ontologique indépassable. Et il explique tout, même l’inexplicable . Quand on explique, c’est qu’on éclaire ce qui est peut être. Si tout est expliqué c’est que tout peut être. Et probablement n’est que ce qui peut être expliqué (au moins un jour).Ce qui peut être expliqué l’est par la parole (pour les hommes), et ce qui existe est décrit par la parole. L’athéisme est donc le verbe, et le monde n’est alors qu’une émanation du verbe. C’est bizarre, ça me rappelle quelque chose, pas à vous ?

Quel est le sens de tout cela ?

A suivre …..

évolution ou évolutionisme, scientisme antiscientifique ??

Classé dans : sciences et croyance — 9 février, 2010 @ 3:57

« Il ne semble pas qu’il y ait une plus grande finalité dans la variabilité des êtres organisés et dans l’action de la sélection naturelle que dans la direction d’où souffle le vent. »
 L’autobiographie, Charles Darwin, 

La difficulté, justement, avec le darwin-isme c’est de tâcher de voir si le vent souffle dans une direction préférentielle ou s’il varie toujours « en force et en direction  » pour filer la métaphore météorologique. Et à cette question peut-il répondre ? Et s’il varie, à quoi est ce dû ?

Je ne suis pas assez savant pour répondre à cette interrogation (autrement que par le fait du hasard, notion très floue, en dehors des mathématiques, et encore. Mais elle est intéressante; Quelqu’un a t il un élément de réponse (c’est une question!).

Ce que la théorie de l’évolution explique bien, quelque soit la chapelle évolution-iste à laquelle on se raccroche (les débats y sont aussi violents que chez les pires fondamentalistes américains !!!) est l’évolution d’individus d’une même espèce, Drosophile, phalène du bouleau et autres êtres humains. Pour autant , ils restent bien des drosophile, des phalènes et des êtres humains. Cela, l’observation l’indique et l’expérience le confirme.

 Cette évolution est dirigée par une loi qui fait que la modification de caractères variables , mais héritables (génétiquement déterminés de façon aléatoire)  favorisent les plus aptes (les coups gagnant d’Einstein), ou pour faire soft en ce cher XXI siècle « politiquement correct », les plus adaptés. Etant mieux adaptés au milieu dans lequel ils vivent, il paraît assez rationnel qu’ils y prolifèrent mieux que les autres et qu’à terme ils les supplantent.

La difficulté reste qu’on ne définit pas bien ce que veut dire adapté. Plus exactement on ne définit pas bien ce par quoi on juge qu’un être est mieux adapté qu’un autre dans un milieu donné, sauf à dire qu’il y est adapté parce qu’il y prolifère mieux. Ce qui est LA tautologie de cette théorie.

Or, un raisonnement circulaire tel que celui là n’est pas réfutable. Partant la théorie n’est pas scientifique.

Clairement, on constate que si l’évolution telle que définie jusque là est indiscutable, la loi qui l’explique repose sur un raisonnement circulaire qui la met hors du champs scientifique. C’est donc une croyance, un concept auquel on croit sans qu’il soit démontrable, et là on peut parler d’évolutionisme.

Quant au passage à l’évolution des espèces, il n’est pas observé ni expérimenté (il y faut des milliers d’années). A ce jour, il ne semble pas qu’on l’ait vu à l’oeuvre, même au niveau des microorganismes à reproduction rapide. Un staphylocoque reste un staphylocoque, même si la pression de sélection le rend résistant aux antibiotiques. Il s’agit d’inférer du mécanisme d’évolution des individus à l’évolution des espèces, en postulant qu’à un certain moment, après que de nombreux caractères aient été sélectionnés, certains individus se distinguent tant de l’espèce initiale qu’ils ne deviennent plus interféconds avec celle -ci et donc crée une nouvelle espèce. Ce qui paraît compréhensible, mais apparement difficile à prouver.

Pas d’observation directe, donc , ni bien sur d’expérimentation, mais une inférence dans un autre ordre de phénomène, un saut phénoménologique. A ce jour pas plus démontrable que le précédent. Mais le mécanisme semble assez logique pour être quasi universellement admis. Et il est probalement proche du mécanisme profond, mais , insistons,  non démontré. La démonstration est sûrement possible, mais elle n’est pas  là maintenant. Les statuts de cette théorie rappelle un peu celle de Galilée au XVIème siècle  vraie, non expliquée,  non démontrée.

 La prédictibilité ou l’explicabilité  souvent invoquées conmme  »preuves » , ne sont pas les pierres de touche d’une théorie scientifique. Une théorie fausse (les épicycles) ou incomplète (gravitation universelle de Newton) ont , dans un champs donné de connaissance, une bonne prédictibilité. 

 Cette sélection qu’on dit « naturelle » repose selon la théorie de l’évolution sur les mutations génétiques aléatoires dont sont l’objet les génomes des organsimes vivants, expliquant l’apparition de caractères nouveaux, certains favorable, d’autre neutre, d’autre enfin défavorables aux individus puis aux espèces dans un milieu donné.  Pourquoi naturelle entre guillement. Parce qu’on ne comprend pas bien ce mot de « naturelle ». Il veut probablement dire que c’est ce qu’on observe dans la nature. Il n’existe aucune autre sélection des espèces que celle qu’on observerait  dans la nature. Ou alors c’est pour l’opposer à à une sélection qui ne serait pas « naturelle », extra naturelle, divine en somme. Rejoignant plus ou moins l’intelligent design quoi. L’ennui c’est que dans le cas d’une sélection divine, on ne voit pas ce qui fait que le mode opératoire serait différent. Il pourrait peut- être l’être mais pourquoi le devrait-il ?

Qu’est ce qui empêche un dieu créateur d’avoir choisi un mode d’adaptation des espèces vivantes fondé sur la sélection des plus aptes ? Et que ce mécansime soit fondé sur un mécanisme aléatoire ? Le hasard qu’on invoque est une notion qu’un dieu peut aussi avoir à sa disposition, si tant est que le mot hasard est plus de sens que celui de dieu (cf J Bricmont) . Et , pour paraphraser Maître Eckart, si un mécanisme de sélection vous dit je suis dieu, fuyez, ce n’est certainement pas lui.

Voila donc une théorie qui présente un défaut logique interne très difficile à lever, porte ouverte à tous les créationismes, qu’elle ne peut pas réfuter et qui peut parfaitement être récupérée par certains. Elle est plutôt brandie comme une banderole d’athéisme militant, et c’est ce qui lui est le plus nuisible, car en elle m^me elle porte le germe de sa contestation au nom de la raison humaine.

Comme beaucoup, on peut être parfaitement persuadé de descendre d’être unicellulaire, de vers plats , de poisson, de batracien, de  petits mammifères, d’une sorte de grand singe sans vouer un quasi culte (notre sainte mère l’évolution) à une théorie, au moins dans sa forme actuelle et malgré toutes les constructions plus a ou moins ad hoc qu’on nous propose à feu continu.

L’histoire n’est pas finie, celle de sciences encore moins. Les idéologies meurent, par inaptitude. Elles ont longtemps pourri le débat. Peut-être demain ….

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